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Archives historiques de l'Union européenne

Doctorant·es et chercheur·es : regards croisés sur l’intégration européenne

Les travaux présentés par les chercheur.es lors de la 7ᵉ conférence annuelle du Centre Alcide De Gasperi révèlent la richesse de la recherche sur l’histoire de l’intégration européenne. Les contributions se distinguent par la diversité des questions, sources, méthodes et perspectives mobilisées.

22 September 2026 | Announcement - Research

Group of participants at the Alcide De Gasperi Centre's Annual Graduate Conference 2026

Des recherches à travers les périodes, les thèmes et les disciplines

La diversité des recherches présentées lors de la Septième Conférence annuelle des jeunes chercheur.es sur l'histoire de l'intégration européenne a offert une illustration remarquable de la richesse de ce champ d’étude. Organisée par le Centre de recherche Alcide De Gasperi (ADG), la conférence s’est tenue les 14 et 15 septembre à l’Institut universitaire européen, réunissant 14 jeunes chercheur·es en début de carrière ainsi que des chercheur.es confirmé.es issu.es d'universités et d'instituts de recherche à travers l'Europe.

Couvrant une vaste période, de l’entre-deux-guerres au début des années 2000, la conférence a mis en lumière la diversité des approches et des sujets de recherche consacrés à l’histoire de l’intégration européenne. Les présentations ont porté sur un large éventail de thématiques, parmi lesquelles les politiques budgétaires des Communautés européennes, la politique commerciale et l’aide humanitaire, mais aussi le cinéma, la musique, les migrations, les lettres de citoyen.nes ainsi que les mouvements économiques et politiques.

Pour Emmanuel Mourlon-Druol, co-directeur du Centre de recherche Alcide De Gasperi (ADG), cette diversité est au cœur de la vocation de la conférence. « L’objectif de la conférence des doctorant.es a toujours été de réunir des chercheur.es en début de carrière et des chercheur.es confirmé.es afin de favoriser les échanges autour de recherches de pointe dans ce domaine, dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Cette édition a une nouvelle fois témoigné du dynamisme de ce champ de recherche - nous avons reçu environ 70 candidatures pour seulement 14 places - ainsi que la grande diversité des thèmes et des périodes abordés, de l’entre-deux-guerres aux années 2000, de l’aide humanitaire aux politiques budgétaires, des constructeurs automobiles japonais à la vie musicale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. »

Cette diversité s’étendait au-delà des sujets abordés. Les communications se sont appuyées sur des sources et des méthodologies variées, témoignant d’un champ de recherche se situant au croisement de l’histoire, des sciences politiques, du droit, de la sociologie et d’autres disciplines. Elles appréhendaient l’intégration européenne à travers les expériences des institutions et des responsables politiques, mais aussi celles des citoyen.nes, des acteur.ices culturel.les, des travailleur.euses, des entreprises et des mouvements politiques.

En plus des panels et d’une session consacrée à la professionnalisation et à la publication scientifique, l’édition 2026 de la conférence a également été marquée par un une allocution d’ouverture du professeur Erik Jones, directeur du Robert Schuman Centre, ainsi que par une table ronde publique organisée à la School of Transnational Governance (STG).

Erik Jones a rappelé aux chercheur.es l’importance de leur rôle, soulignant combien il est utile aux responsables politiques et aux praticien.nes de disposer d’« une vision lucide de la manière dont s’est construite l’intégration européenne ».

Lors de la table ronde organisée à la STG, la professeure Johanna Mair, directrice de la STG, accompagnée de Grace Ballor, docteure en histoire et professeure assistante à l’Université Bocconi, et de Kristin Fabbe, docteure en science politique et titulaire de la chaire en Business and Comparative Politics à la STG, ont approfondi cette réflexion en s’interrogeant sur «l’importance de l’histoire pour la gouvernance d’aujourd’hui ».

Comme l’a souligné Johanna Mair, « l’histoire est importante pour la gouvernance non pas parce qu’elle apporte des réponses toutes faites, mais parce qu’elle nous aide à comprendre que les institutions dont nous héritons ne sont ni inévitables ni figées ».

Présentation des travaux de recherche et échange d’idées

Pour Chiara Johannesmeier, de l’Université de Bielefeld, cette ouverture s’est révélée particulièrement précieuse. Ses sources primaires comprennent notamment des lettres de citoyen.nes adressées aux dirigeants politiques de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Italie post-fasciste,. « J’étais curieuse de savoir comment mon article serait accueilli, car il ne s’agit ni d’une histoire institutionnelle ni d’une histoire politique de l’intégration européenne. J’ai apprécié l’ouverture d’esprit dont ont fait preuve les participant.es envers tous les types d’acteur.ices politiques. » Elle a également souligné l’importance de confronter les idées issues de différentes traditions académiques : « C’était une excellente occasion de mieux comprendre ce qui se passe à l’échelle internationale. C’est vraiment enrichissant, et le type d’échanges que ce format permet est essentiel. »

Le format de la conférence a précisément été conçu pour favoriser ces échanges. Chaque intervention était a été confiée à un.e panéliste attitré.e, tandis que les participant.es étaient également invité.es à lire les travaux des autres intervenant.es, créant ainsi des occasions de discussion allant au-delà des sessions individuelles.

« C’est une occasion particulière. Il est rare d’avoir autant d’expert.es réuni.es au même endroit et de pouvoir compter sur l’un d’entre eux comme panéliste personnel », a déclaré Alberto Bordignon, de l’Université de Florence. « Le fait que nous ayons tous lu les articles des autres en amont était vraiment utile, car cela a nourri les discussions. » Il a ajouté que les retours reçus pendant la conférence, associés aux réflexions issues de la session « Why (EU) history matters for today’s governance », « ont vraiment contribué à [son] développement professionnel ».

Pour José Meroño Asenjo, de l’Université Complutense de Madrid et de l’Université de Strasbourg, la combinaison des articles présentés, des retours d’expert.es et des échanges entre pairs a constitué un élément essentiel de l’expérience. « C’est une expérience vraiment enrichissante, avec une grande diversité d’articles et d’excellents panélistes. C’était une formidable occasion de parler de mes travaux avec des chercheur.es confirmé.es. Les retours des expert.es et les rencontres avec des collègues travaillant sur l’intégration européenne ont été les meilleurs aspects de la conférence. »

Pour Ken Odrich, étudiant en master à la London School of Economics, la possibilité de rencontrer d’autres chercheur.es travaillant dans un domaine de recherche relativement spécialisé a également revêtu une importance particulière. Les recherches sur l’intégration européenne, souligne-t-il, « constituent un domaine relativement spécialisé », ce qui rend d’autant plus précieuse la possibilité de se retrouver dans une même salle et d’échanger sur ses travaux avec d’autres chercheur.es du domaine.

Échanger sur les nouvelles recherches dans le domaine

Les échanges ont également été salués par les panélistes qui ont souligné à la fois la qualité des disussions ainsi que l’ouverture qui les a caractérisées. Le professeur Daniele Pasquinucci, de l’Université de Sienne, a décrit les articles qu’il avait lus d’« originaux et approfondis », tout en saluant la volonté des auteur.ices de prendre part aux discussions dans ce qu’il a qualifié d’« environnement convivial et constructif ».

La professeure Heike Wieters, de la Humboldt-Universität zu Berlin, a quant à elle mis en avant une autre caractéristique de ce [type d’évènement : « C’est un excellent format, qui réunit des personnes issues de contextes différents. Il est également fascinant d’assister aux présentations de jeunes chercheur.es qui se trouvent à des étapes différentes de leur parcours de recherche doctorale. J’ai été impressionnée par le potentiel de certain.es et par les réalisations d’autres. »

La professeure Anna Piotrowska, de l’Université Jagellonne, a elle aussi fait part de son enthousiasme, se disant « impressionnée par la diversité des approches et des thématiques ». Elle a également souligné le « très haut niveau » des travaux présentés par les doctorant·es, ainsi que leur « grande maturité ».

Le programme ne s’est toutefois pas limité aux sessions consacrées à la présentation des travaux de recherches. Une table ronde organisée à la Florence School of Transnational Governance, intitulée “Why (EU) history matters for today’s governance?”, a notamment permis de croiser des perspectives issues de l’histoire, des sciences politiques et des études sur la gouvernance. Une session consacrée aux carrières et aux publications a également permis aux jeunes chercheur·es de bénéficier de conseils pratiques supplémentaires pour la suite de leur parcours.

À propos de la Conférence annuelle des doctorant.es et jeunes chercheur.es

Organisé par le Centre de recherche Alcide De Gasperi, le colloque offre aux doctorant·es et aux jeunes chercheur·ses un espace privilégié pour présenter leurs recherches en cours, confronter leurs approches et dialoguer avec leurs pairs.

Les Archives historiques de l’Union européenne, le programme « Widening Europe » de l’IUE, le Centre Robert Schuman d’études avancées et la Florence School of Transnational Governance ont apporté leur soutien financier à l’édition 2026.

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