Le projet SAGA (Sustainable Archives and Greener Approaches), financé par le programme Creative Europe, a réuni aux Archives historiques de l’Union européenne (AHUE) ses partenaires, des professionnels des archives, des scientifiques et des spécialistes de la gestion des risques, à l’occasion d’un premier séminaire de capitalisation depuis son lancement en 2024. Cet événement a permis de partager les principaux résultats du projet et de définir des pistes d’action concrètes en vue de renforcer la durabilité et la résilience des institutions archivistiques.
Le séminaire a mis en évidence la manière dont les institutions patrimoniales peuvent renforcer leur préparation face aux catastrophes et assurer leur durabilité à long terme dans un contexte d’intensification des risques environnementaux. Les participants ont partagé les enseignements tirés de crises passées, les bonnes pratiques actuellement mises en œuvre ainsi que des mesures concrètes permettant aux archives d’accroître leur résilience, tout en veillant à la préservation des collections et à la protection du personnel.
Dans son discours d’ouverture, Paola D’Orsi, directrice des Archives d’État de Florence, a évoqué les inondations dévastatrices de 1966 et les décennies de reconstruction qui ont suivi. Elle a souligné que cette catastrophe continue de marquer profondément les pratiques de conservation du patrimoine culturel. « Cet événement, a-t-elle déclaré, a transformé la manière dont le monde envisage la protection du patrimoine culturel. »
Face à la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, le séminaire a souligné l’urgence de renforcer les stratégies de gestion des risques dans le domaine des archives. Les discussions ont porté sur un large éventail de thématiques, allant des évaluations microbiologiques et environnementales à l’application des normes ISO, en passant par les pratiques européennes de préparation aux situations d’urgence.
Comme l’a indiqué Cristina Díaz, coordinatrice de projet aux Archives d’État espagnoles : « Aujourd’hui, nous avons tiré des enseignements d’expériences allant des inondations de 1966 à Florence aux pratiques contemporaines de préparation aux catastrophes, illustrées par des exemples concrets en Norvège et en France, ainsi que par l’initiative SOS Archivi et l’application des normes ISO en matière de gestion des risques. Le principal constat est sans équivoque : la préparation aux catastrophes constitue une priorité pour chaque institution d’archives, qui doit être reconnue et protégée comme une infrastructure essentielle. »
Si le projet SAGA repose sur des approches scientifiques avancées — notamment l’échantillonnage de micro-organismes environnementaux et des enquêtes quantitatives en gestion des risques —, le séminaire a mis l’accent sur des mesures concrètes et opérationnelles, adaptées aux contraintes matérielles et financières des institutions. Au fil des présentations, les participants ont insisté sur l’importance de la surveillance et de la prévention comme « première ligne d’action », ainsi que sur le rôle déterminant de réseaux locaux solides, capables d’être mobilisés rapidement en cas d’urgence.
Évoquant la prochaine phase du projet, Cristina Díaz a déclaré : « Le projet SAGA atteint désormais une étape décisive, où il s’agit de rassembler et de consolider les connaissances issues des évaluations microbiologiques, des bâtiments et de l’environnement menées jusqu’à présent. L’étape suivante vise à traduire ces acquis en plans d’action concrets, afin d’améliorer les conditions de conservation, ainsi que la résilience et la durabilité des archives partenaires. »
Dieter Schlenker, directeur des Archives historiques de l’Union européenne (AHUE), a pour sa part souligné la portée plus large des résultats du projet pour l’ensemble du secteur archivistique : « L’enquête menée l’an dernier auprès d’institutions homologues a montré que les connaissances et les bonnes pratiques issues de ces travaux constituent un véritable bien public, au bénéfice des archives à l’échelle européenne. »