Lundi 12 octobre 2026, le programme éducatif des Archives historiques de l’Union européenne (AHUE) a accueilli quatorze élèves et deux professeur.es d’histoire de l’ Internationales Ganztagsgymnasium am Leonardo da Vinci Campus de Nauen, dans le Brandebourg (Allemagne). Âgé·esde 16 ans, ces élèves suivent des cours d’histoire et de politique internationale au sein de leur cycle secondaire supérieur.
Cette visite a été organisée à l'initiative de Tina Raehse, enseignante et coordinatrice des activités Erasmus de l'établissement. Après avoir suivi une formation de l'Europass Teacher Academy aux AHUE il y a trois ans, elle a souhaité revenir avec une classe d'élèves suivant un cursus de niveau avancé.
« Je voulais qu’ils prennent conscience de l’importance de l’histoire dans leur quotidien, ainsi que de la manière dont celle-ci est documentée et écrite », a-t-elle déclaré. « Ce que l’on trouve ici, aux Archives, c’est l’ADN de l’Europe. »
Dans son travail avec les élèves, Tina a constaté que les échanges Erasmus, comme celui qui a conduit sa classe en Italie, jouent un rôle considérable dans la façon dont ils perçoivent leur lien d’appartenance avec l’Europe. « Cette expérience internationale leur ouvre les yeux sur un monde qui s’étend au-delà de leur petite ville, au-delà de l’Allemagne. Ils prennent conscience qu’il y a plus que cela, et qu’ils font partie de quelque chose de plus grand. »
En effet, dans les textes rédigés par les jeunes participant.es à l’atelier, la liberté de circulation en Europe figure parmi les principaux avantages de la citoyenneté européenne. Les élèves ont toutefois exprimé des critiques quant à la capacité de l’Europe à mettre en valeur les autres avantages pour les citoyen.nes européen.nes.
« Pour moi, être européen, c’est avant tout faire partie d’une grande diversité de communautés et pouvoir saisir des opportunités partout dans le monde. Pouvoir voyager et circuler librement entre la plupart des pays et vivre sans avoir à franchir des frontières strictes constitue également un avantage. Mais il y a aussi une certaine incertitude quant aux avantages d’être européen.ne, au-delà de la simple possibilité de voyager plus librement. L’UE ne se distingue pas suffisamment et ne nous donne pas une vision claire des bénéfices qu’elle nous apporte », a écrit une étudiante.
Evangelia Koundouraki, directrice par intérim des Archives, a accueilli le groupe et participé aux échanges multilingues. Les discussions ont porté sur l’identité européenne, le sentiment d’appartenance ainsi que les valeurs qui unissent les personnes au-delà des frontières et à travers le temps.
Les discussions ont également fait émerger des remarques sur les parallèles entre la manière dont les élèves gèrent leur classe et le fonctionnement des institutions européennes. Habitué·es à prendre des décisions collectivement, autour d’une table, en tenant compte des différents besoins du groupe et en négociant, elles/ils constatent que les institutions européennes procèdent de la même manière.
« L’Europe, c’est trouver des solutions constructives en acceptant la diversité des opinions, grâce à la négociation et au dialogue », a expliqué une élève.
Dans le cadre d’un exercice régulièrement proposé aux Archives historiques, les élèves ont été invité.es à présenter un objet ou un artefact ayant une signification particulière pour elles.eux ou leur famille, puis à le replacer dans l’histoire européenne, en établissant des liens entre le passé, le présent et l’avenir.
Stimuler l’innovation européenne avec des « idées inédites »
La visite aux Archives n’était que la première étape de l’itinéraire italien des élèves du Ganztagsgymnasium. Au cours de la deuxième étape de leur voyage, les élèves travailleront avec des camarades de l’École internationale de Bologne afin d’élaborer un ensemble d’« idées inédites », un projet de politique mondiale que s’inspire de l’ouvrage des auteur.es allemand.es Peter Jelinek et Katja Sinko Das beste Europa aller Zeiten : Unerhörte Ideen für ein besseres Morgen [La meilleure Europe de tous les temps : des idées inédites pour un avenir meilleur]. L’objectif est d’amener les élèves à imaginer des initiatives, des politiques et des programmes susceptibles de renforcer les liens entre les citoyen.nes européen.nes.
Aux Archives, les élèves de Nauen ont présenté certaines des idées qui nourrissent leur travail de réflexion et se sont interrogé.es sur la manière dont leur propre vision de l’Europe pourrait contribuer au projet. Elles/ils prépareront et présenteront ensuite leurs propositions aux député.es européen.nes de leur région en Allemagne. « Les jeunes ont la capacité d’apporter de nouvelles idées », a souligné Tina.
L’intégration de l’exercice « des idées inédites » dans les activités pédagogiques des Archives s’est imposée comme une évidence. « Nous cherchons toujours à aider les élèves à prendre conscience qu’elles.eux aussi font partie de l’Europe et ont leur mot à dire dans la construction de leur avenir », a expliqué Leslie Hernandez, coordinatrice pédagogique des Archives.
« La visite des différents espaces des Archives historiques de l’Union européenne leur permet de se rapprocher concrètement des institutions de l’UE. Ils rencontrent les archivistes et les autres professionnel.les qui y travaillent, consultent les documents d’archives déposés par les institutions, et sont encouragé.es à faire le lien entre leurs propres souvenirs et l’histoire de l’intégration européenne », a-t-elle poursuivi. « Nous leur souhaitons bonne chance dans la réalisation de leurs “idées inédites” et attendons avec impatience de découvrir leurs propositions. »